5 octobre 2023

Rolex et la contrefaçon
Il ne fait aucun doute que si vous souhaitez acquérir une Rolex sport acier non disponible chez votre AD et que vous ne voulez pas dépenser plus de 1000€ vous pouvez simplement acheter un clone.
Ces « super clones » sont impressionnants en qualité et finition jusque dans les moindres détails, et sont indétectables pour la plupart des acheteurs « lambda », ceci pose une simple problématique ;
Comment ces « super clones » actuelles peuvent être aussi proches du produit original ?
Voici quelques pistes ….
Si vous souhaitez créer un produit, la première chose dont vous allez avoir besoin ce sont des fonds ; faire de la R&D, acheter des matériaux, acheter des machines, payer des locaux, et enfin de l’argent pour faire savoir aux potentiels clients que vous existez.
La question qui se pose alors est : pourquoi ces usines qui produisent ces « super clones » ne produisent elles pas leur propre marque ?
La première réponse est simple, s’il le faisait nous ne les connaitrions certainement pas, pourquoi ?
Marketing ; l’industrie horlogère dépense plus de 500M€ par an en marketing et la marque Rolex à elle seule représente plus de 10% de cette dépense.
Que ce soit dans le domaine du Golf, tennis, Formule 1 dans le domaine des arts et du sport de haut niveau Rolex investit lourdement et ces sommes investies vont se refléter dans le prix des produits, la contrepartie de ces investissement est la forte demande.
Nous devons réaliser que cela a pris un siècle depuis sa création pour en arriver là.
Il y a une cinquantaine d’années Rolex était une petite marque (aujourd’hui nous dirions « start up » de garde- temps professionnels abordables arrivant sur un marché dans l’ombre de géants déjà installés de longue date. Grace à l’innovation, la marketing intelligence et certainement une part de chance (oui il en faut !), la marque est devenue le leader que nous connaissons, et s’est taillé la part du lion sur le marché des montres de luxe.
Donc si vous n’avez pas ces fonds, mais vous souhaitez créer des montres qui se vendent, quel schéma pensez-vous être le plus productif, copier des montres d’une marque déjà établi où tenter de démarrer votre propre marque à partir de rien ? si vous choisissez la dernière solution le chemin sera long et tortueux, mais si vous décidez de copier alors vous serez en mesure de mettre tous les fonds à votre disposition sur la qualité de vos produits.
Vouloir produire une montre de luxe et pouvoir le faire sont deux choses différentes et il y a 20 ou trente ans nous n’aurions pas ce débat. Le marché des copies a évolué parce que les technologies ont évolué. BIM, fast prototypes, impression 3D, ces technologies permettent aux entreprises de produire à faible volume des produits de très haute qualité, directement issue d’une modélisation digitale et il existe même des kits pour les particuliers vous permettant facilement et rapidement quasiment le produit que vous voulez chez vous. Les équipements de ces usines sont bien plus évolués et performants mais le principe reste le même.
Il y a 20/30 le fast prototyping était long et couteux, de nos jours un produit modélisé rapidement sur un ordinateur peux sortir quasiment en quelques clics de souris.
La production sort à moindre coût même sur de petites séries et très rapidement.
Ces machines sont si performantes qu’elles sont en mesure de produire des clones d’elles même !
Les résultats sont impressionnants, le produit scanné est dupliqué à un niveau de détail jamais égalé. La finition manuelle de mains d’horlogers experts n’est pas là, mais pour le consommateur moyen ces différences sont invisibles.
Lorsque vous produisez des montres à plus de 10K€ et que vous vous appelez Rolex vous ne pouvez pas vous permettre la moindre imperfection et avoir un contrôle qualité sans faille.
Pour une usine de clones, le contrôle qualité est fait par le consommateur, c’est un processus sans fin qui améliore au fil de l’eau, le jeu incessant des marques qui essaie de lutter contre la production de fake et ces usines qui s’améliorent à chaque version.
Les détails se situent aujourd’hui sur les inserts, les couleurs, les index, les polices de caractères.
Ils sont minimes, et ces usines n’ont pas d’image ni de réputation à défendre, de plus ils ont des communautés de consommateurs à travers le monde prêts à les aider à améliorer leur produit, des clients réellement attachés à ce marché, qui dépensent parfois le prix d’une montre originale pour améliorer un clone parfois en y ajoutant des pièces de la marque et créant ainsi ce qu’ils nomment des modèles « Frankenstein ».
Ces montres sont bel et bien achetées par un public averti et expert.
Ces communautés sont dans une quête incessante, une sorte de fantasme de la copie parfaite et c’est une course sans fin, ce marché est auto- alimenté et ne fera que s’améliorer, toujours un petit temps de retard, mais toujours de fortes ventes grâce aux améliorations « step by step » (V1, V2, V3 etc. la Sub date céramique est à ce jour à la V11)
Elles œuvrent à travers le net au niveau global pour identifier les moindres détails et aider à les rectifier.
Ces améliorations ne coûtent donc rien à ces usines. La communauté se charge de collecter les infos les communiquer, et les modifications sont réglés en quelques clics.
Il n’y a pas de schéma plus lucratif dans le luxe que celui-ci.
Il est donc très facile e comprendre comment ces usines arrivent à un tel niveau de qualité avec des prix si abordables à minima de ce que nos yeux peuvent percevoir, mais il convient de revenir à ce que nous avons évoqué plus haut, pour comprendre les implications et les conséquences.
Les coûts de production d’une marque telle que Rolex ne peuvent être mis en ligne avec ces usines.
Leur succès n’est dû qu’à l’inspiration, l’histoire les émotions que crée la marque l’amour de la marque à la couronne n’a pas été si simple à provoquer et coûte aujourd’hui des fortunes colossales à maintenir pour garder sa position sur le marché horloger.
Le seul sentiment que l’on peut ressentir est le fait de posséder un objet vraiment très spécial, la fierté, la représentativité de la marque et toutes les valeurs qu’elle transmet au public.
Nous sommes tous les grands perdants, car cela simplement que porter une Rolex, vraie ou fausse, signifie plus que d’encourager de nouvelles marques à concevoir et innover.
Nous passons à côté de ce que pourrait être le marché horloger sans ces usines à copier.
Imaginons juste une seconde que tous ces fonds soient utilisés à créer de nouvelles marques de montres ……
Certains ont tenté l’aventure, Code 41, William L, Undone, etc, nous leur souhaitons un vif succès.
En tout état de cause, ne vous lancez jamais sur un achat sans avoir fait ouvrir la Montre.
Vous ne pouvez pas avoir l’œil d’un expert, le niveau est tel à ce jour qu’il faut absolument ouvrir pour vérifier le mouvement.
Chez OBH nous vous accompagnons et conseillons lors de vos achats.
Restez prudent, surtout sur des sites tels que LBC ou FB, j’ai, dans les derniers mois ouverts plus de 5 116610 qui se sont avérées fausses et pour faire référence à notre précédent article toutes étaient « full set » et même la fausse facture qui va avec. Mes vendeurs le savaient-ils ?
A méditer…
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